"The Rachel Divide" - Une identité ethnique qui divise

Bonjour tout le monde, 


Au moment où j'écris cet article, nous sommes le 3 mai et je viens de regarder le documentaire "The Rachel Divide" sur Netflix.

Je dois avouer que je ne connaissais pas du tout cette femme avant de lancer le documentaire et je n'avais jamais entendu parler de son histoire. J'ai été intriguée par la bande annonce qui s'est lancée lorsque j'ai démarré Netflix et j'ai tout de suite eu envie d'en savoir plus.

J'ai décidé d'écrire cet article à chaud, pour que mon retour soit authentique et sincère. Aussi, je m'excuse d'avance si certains mots sont mal choisis.

Ce documentaire me parle car j'ai tout de suite repensé à l'article que j'avais écrit concernant mes propres origines et à l'identité que j'essayais (et que j'essaie encore) de me trouver. Vous pouvez retrouver l'article ICI.

J'espère soulever un sujet de discussion que vous trouverez intéressant et qui nous permettra peut-être de faire évoluer notre façon de voir le monde =).




the rachel divide netflix




L'histoire de Rachel

Histoire de retracer le parcours de Rachel en quelques lignes, je vais vous donner les informations principales qui sont évoquées dans le documentaire. Il faut cependant garder à l'esprit que la source des informations est Rachel elle-même, l'objectivité n'est donc pas garantie.

Nous apprenons donc que Rachel vient d'une famille Américaine dans laquelle l'éducation est assez stricte. Dès sa plus tendre enfance elle ne se sent pas à sa place, notamment parce que sa venue au monde a faillit coûter la vie à sa Mère, chose qu'elle semble lui reprocher au quotidien en la délaissant. Cette dernière opposera d'ailleurs ses deux enfants biologiques de façon extrême : sa fille représente le mal alors que son fils sera l'incarnation du bien (car cette deuxième grossesse se sera parfaitement déroulée).

Quelques années plus tard, ses parents adoptent des enfants noirs car, je cite, "la garde des enfants blancs est plus difficile à avoir et les délais sont plus longs". Rachel se retrouve donc entourée d'une seconde famille, qui, cette fois-ci, semble l'accepter et l'aimer.

Et je pense que la racine de toute cette histoire prend son origine à ce moment là : elle a voulu s'opposer à ses parents et ne pas être identifiée à eux car elle ne souhaitait pas leur ressembler. Quel autre modèle avait-elle sous les yeux ? Ses frères et sa sœur noirs. Son questionnement sur son identité commence à 5 ans, peut-on vraiment dire qu'elle a voulu tromper et abuser les gens dès cet âge là ?

Volonté de s'opposer à eux d'autant plus forte que les parents sont violents physiquement envers cette nouvelle fratrie. Il y aurait également eu des cas d'abus sexuels de la part du fils biologique envers sa sœur adoptive.

Rachel en vient à prendre son indépendance et reprend donc les bases de sa vie. Elle se présente comme une femme noire, renie ses parents biologiques qui sont blancs et fait la rencontre d'un homme qu'elle qualifiera de Père, c'est sans surprise que l'on découvre que celui-ci est noir.

Par la suite, elle en vient également à adopter l'un de ses frères qui est parti du domicile familial à cause des violences qu'il subissait (coups de fouets et autres sévices).

Le fait qu'elle se considère comme sa Mère est un peu déstabilisant mais au fond ce genre d’événement se produit plus souvent qu'on ne le pense, sans que les choses ne deviennent officielles pour autant.




La réaction des autres

J'ai été assez surprise de constater que les réactions les plus violentes venaient de personnes noires/métisses. En général, l'argument qui est avancé pour justifier cette colère est : "Elle n'est pas noire, elle n'a pas enduré les discriminations que les noirs endurent, elle ne mène pas nos combats, elle s'approprie les nôtres ainsi que notre culture."

A leurs yeux, Rachel est donc une usurpatrice qui cherche à faire partie d'une certaine identité sociale afin d'en tirer des avantages.

Mais Rachel mène pourtant plusieurs combats pour soutenir la communauté noire, elle est même présidente de la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People / Association Nationale pour la promotion des Gens de Couleur) de sa ville pendant plusieurs années.

Elle participe également à des manifestations ("Black Lives Matter" par exemple), elle anime également des conférences sur la culture noire.

Le tort qu'elle a eu, selon moi, a été de s'affirmer noire sans choisir correctement ses mots et de modifier la couleur de sa peau grâce au maquillage.

Ces actes là ont sans doute décrédibilisé toute sa démarche, peut-être qu'un "Je suis une femme à la peau blanche mais je me sens noire spirituellement.", aurait pu éviter tout cet acharnement médiatique.

Le cheminement est très loin de celui de Martina Big et pourtant les gens semblent davantage accepter une transformation sans fondement et à la limite du grotesque plutôt que l'histoire un peu plus fondée de Rachel Dolezal.

Certaines stars américaines ne se sont pas gênées pour critiquer ouvertement Rachel et la ridiculiser à la télé.

J'ai trouvé l'intervention de certaines figures célèbres noires intéressantes, comme celle Raven-Symoné qui a notamment dit "Qu'est-ce qui fait qu'une personne est noire ? Seulement sa peau ? Des femmes noires lissent leurs cheveux tous les jours, elles le font tout le temps... Les femmes blanches ne pourraient pas faire pareil ?"

Sans compter les soins qui éclaircissent la peau, la chirurgie esthétique pour affiner certaines parties du corps, et autres modifications afin se rapprocher de l'apparence d'une personne blanche.




Ce que j'en ai pensé

Pour moi, ça ne relève pas du mensonge à proprement parlé mais plutôt d'un déni d'identité qui a déclenché tout un lot d’événements plus ou moins imprévisibles.

Je vois ses mensonges comme étant la preuve qu'elle a cherché à se trouver parmi toutes les étiquettes que l'on peut mettre sur les origines des gens et sur leur apparence. Elle s'est qualifiée de femme noire, de métisse, de non-blanche... Tout ça pour dire qu'en fait elle ne se sent pas représentée par son apparence extérieure, celle-ci est différente de ce qu'elle ressent être au fond d'elle.

Comme les hommes ou les femmes qui se sentent être du sexe opposé, en quelques sortes.

Je pense que ce qui a fait que les réactions ont été violentes c'est que Rachel est une femme à la peau blanche et qu'elle se considère comme une femme noire. Or, ces deux identités s'opposent depuis des siècles à cause du racisme et de toutes les inégalités qui continuent de se produire de nos jours.

Si Rachel avait déclaré qu'elle était une femme chinoise, est-ce que cela aurait tant dérangé ? On lui aurait demandé si elle avait un ancêtre de cette origine là, à la limite on aurait pu lui demander si elle avait passé son enfance là-bas etc. Mais j'ai du mal à imaginer des réactions aussi violentes que celles auxquelles elle a dû faire face, venant de personnes blanches mais surtout noires.

J'ai l'impression qu'il y a encore une confusion entre l'identité spirituelle/culturelle et l'apparence physique. Et nous avons tendance à associer l’ethnie aux épreuves traversées, au lieu de naissance et aux personnes qui composent notre entourage.

Pour ma part j'ai une peau métisse, j'ai donc supporté (et je supporte encore), des actes de racisme, mais certainement moins qu'une femme à la peau plus noire que la mienne. Est-ce que cela fait de moi une "plus blanche que noire" pour autant ?

Personnellement je comprends totalement que certaines personnes se revendiquent d'une certaine ethnie, tout comme j'ai pleinement conscience que des personnes blanches sont beaucoup plus noires que moi dans leur culture, parce qu'elles ont vécu en Afrique, qu'elles connaissent les traditions et les coutumes, les langues, la philosophie de vie etc.

Je ne peux pas m'affirmer en tant que femme noire parce que je connais si peu de choses sur ce que ça implique que je ne me sens pas légitime dans cette identité là. Tout comme je ne peux pas dire que je suis une femme blanche car certaines épreuves vécues prouvent bien le contraire.

Je trouve cela dommage qu'après tout ce temps on ne puisse pas avancer. Renier le passé n'est pas la solution mais dire que nous sommes dans la même situation qu'avant ne serait pas vrai. Est-ce que les noirs seront à jamais les victimes des blancs ? Est-ce que cette haine et cette rancœur ne peuvent pas être mises de côté afin d'avancer, d'évoluer ?

J'aurais aimé que les propos de cette femme soient accueillis positivement, que la communauté noire lui ouvre les bras et s'intéresse à son parcours, lui apprenne des choses, fasse évoluer sa façon de penser, enrichisse ses connaissances, plutôt que de crier à l'imposture, de provoquer le scandale, de creuser l'écart qui existe déjà entre noirs et blancs.

Au final, l'opposition est toujours là, même dans l'esprit de ceux qui sont victimes de discriminations et je trouve ça triste.

Le racisme est réel, les violences sont réelles, mais il ne faut pas voir le mal partout pour autant.

Et si au final cette volonté de s'affirmer femme noire relève d'un déséquilibre/trouble identitaire ou d'une pathologique psychologique, je souhaite bonne chance et bon courage à Rachel Dolezal et je lui souhaite de se trouver réellement, entourée de gens bienveillants.




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J'espère que vous aurez apprécié cet article un peu hors catégorie !

N'hésitez pas à partager votre avis avec moi, qu'il soit similaire ou différent =).

Prenez soin de vous, 


- Anaïs -



Commentaires

  1. Très chouette article. Je partage ton analyse et ton point de vue. Ce reportage vient de passer en première position de ma liste Netflix ! Merci beaucoup !

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    1. Merci beaucoup pour ton retour ! =)

      J'espère que tu trouveras le reportage intéressant lorsque tu le regarderas ! =)

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